S’engager dans le scoutisme et ce que signifie « être sur le Sentier canadien »

En 2007 a été célébré le centième anniversaire de Scouts Canada. La même année, j’intégrais une meute de louveteaux basée à Toronto et composée d’une vingtaine d’autres jeunes. Aujourd’hui, j’occupe les fonctions de commissaire à la jeunesse, de porte-parole jeunesse et de membre du personnel de camp, que je trouve toutes passionnantes et stimulantes. Au cours de la présente année scoute, sera lancé officiellement le programme du Sentier canadien, fruit d’une approche qui m’est très utile depuis mon enfance (même si j’ignorais alors l’existence de ce programme). Mon cheminement au sein du scoutisme a été assez long (bien que je n’aie que 18 ans). Alors, lorsque les gens me demandent comment j’en suis arrivé là où j’en suis actuellement, je ne sais pas quoi leur répondre. La seule chose dont je suis sûr, c’est que le Sentier canadien a été présent à chaque étape de mon parcours.

Je me suis de plus en plus activement engagé à Scouts Canada, en commençant par être un jeune participant. J’ai ensuite appris que je pouvais davantage m’investir dans le mouvement en assumant d’autres rôles. Beaucoup de gens ne savent pas que de très nombreuses personnes travaillent ensemble, en coulisse, au bon fonctionnement de Scouts Canada. Souvent, on ne voit que les jeunes participants (les castors et leurs chapeaux, les louveteaux courant dans une salle de sport, les scouts arborant leurs badges et leurs animateurs adultes). Mais, à la base de tout cela, il y a les réunions des comités de groupe, les équipes de secteur effectuant des visites de soutien et les responsables des conseils et du bureau national qui travaillent ensemble pour s’assurer que l’organisation fonctionne de manière optimale.

Plusieurs possibilités sont offertes aux jeunes d’assumer des rôles de leadership au sein de l’organisation. Les louveteaux et les scouts peuvent apporter leur soutien aux plus jeunes en tant qu’animateurs et les jeunes peuvent s’engager au sein de leur secteur en devenant membres de leurs réseaux de jeunes de secteur. En outre, les conseils recherchent régulièrement des jeunes pour qu’ils se joignent à leurs équipes de responsables. Pour ceux qui s’intéressent davantage aux médias, Scouts Canada recrute des porte-paroles jeunesse pour participer à l’organisation de campagnes dans les médias sociaux ou à des entrevues dans des médias ou encore pour écrire pour ces derniers (oui!).

Bien sûr, plus vous êtes âgés, plus de portes s’ouvrent à vous. En 2016, l’âge minimum requis pour poser sa candidature à la fonction de porte-parole jeunesse était de 11 ans. Par ailleurs, la plupart des réseaux de jeunes au niveau des secteurs, des conseils et à l’échelle nationale sont formés de scouts, d’aventuriers et de routiers. C’est quelque chose d’extraordinaire de voir que même les jeunes ont la possibilité de s’impliquer dans la vie du mouvement.

En ce qui me concerne, plus je m’implique, plus je veux en faire et plus je m’épanouis. J’ai successivement été louveteau, scout, aventurier et animateur, puis j’ai travaillé aux côtés des équipes de secteur et de conseil. J’ai également pris confiance en moi et suis devenu plus autonome et responsable. À chaque étape de mon cheminement, j’ai reçu des encouragements et aidé les membres jeunes et adultes.

Au fil du temps, j’ai de plus en plus réalisé l’importance de la participation des jeunes à chaque niveau de l’organisation. Après tout, nous sommes fiers d’offrir aux jeunes un programme de qualité. De plus, qui connaît mieux les jeunes que les jeunes eux-mêmes?

J’ai de plus en plus réalisé l’importance de la participation des jeunes à chaque niveau de l’organisation.

Gina Kim

En 2014, j’ai endossé le rôle de commissaire à la jeunesse de secteur et, la même année, le programme du Sentier canadien était lancé. Ce dernier n’est pas un programme entièrement nouveau. Il s’agit plutôt d’une réactualisation des objectifs du programme. Certes, le Sentier canadien est associé avec de nouvelles séries de badges et des changements dans la structure du programme, mais il garantit également que les besoins et les aspirations des jeunes sont comblés. Les animateurs les plus âgés parlent de l’époque où ils étaient plus jeunes et pouvaient planifier leurs propres activités, sans la moindre aide ou le moindre conseil de la part de leurs animateurs et de leurs parents. Cependant, à un moment donné, ces valeurs essentielles du scoutisme (leadership, indépendance, travail en équipe et résolution de problèmes) ont été perdues. Le but du Sentier canadien est de renouer avec ces valeurs. Le Sentier canadien reposait sur la nécessité d’une plus grande participation des jeunes et sur un retour aux principes fondamentaux du scoutisme.

Si les jeunes sont capables de « planifier, agir et réviser » leurs propres réunions, activités et événements, alors cela signifie qu’ils sont déjà sur le Sentier.

Si les jeunes peuvent devenir des chefs et apprendre des choses aux plus jeunes, à leurs sections et même aux animateurs, cela veut aussi dire qu’ils cheminent sur le Sentier.

Si les jeunes peuvent travailler avec d’autres jeunes et adultes pour discuter de leurs propres opinions, alors ils sont déjà sur le Sentier.

Le Sentier canadien permet aux jeunes de prendre leurs propres décisions, d’être plus responsables, de tirer des leçons de leurs actions passées et des expériences des autres. En outre, le Sentier permet aux jeunes de s’engager davantage dans le programme, d’acquérir de l’autonomie, de prendre de confiance en eux et de participer au programme qu’ils ont choisi et non à celui que les animateurs choisissent pour eux.

Souvent, les parents et animateurs me disent que les jeunes ne sont pas assez âgés pour prendre des décisions. Il est évident que des castors ne peuvent pas planifier tout seuls une excursion d’une semaine en raquette, mais ils peuvent certainement décider eux-mêmes s’ils souhaitent participer à un camp d’hiver. Les louveteaux peuvent ne pas être en mesure de planifier eux-mêmes entièrement les menus des repas qu’ils prendront durant leurs camps, mais, avec un peu d’aide de la part des hurleurs et de leurs animateurs, ils en sont capables. Ce n’est pas parce qu’on est « petit » que l’on ne peut assumer aucune responsabilité. En effet, même les jeunes sont capables de devenir plus autonomes, de prendre des décisions intelligentes, d’exprimer leurs opinions et d’acquérir des compétences personnelles importantes, tout en ayant du plaisir.

Ce n’est pas parce qu’on est « petit » que l’on ne peut assumer aucune responsabilité. En effet, même les jeunes sont capables de devenir plus autonomes, de prendre des décisions intelligentes, d’exprimer leurs opinions et d’acquérir des compétences personnelles importantes, tout en ayant du plaisir.

Gina Kim

Lorsque j’étais commissaire à la jeunesse de secteur, j’étais triste de constater que certains animateurs s’opposaient au Sentier canadien. Le Sentier est constitué de quatre composantes essentielles : leadership des jeunes, planification-action-révision, aventure et ÉPICES. En s’opposant au Sentier, on s’opposait par là même à un programme, dans lequel les jeunes peuvent prendre des décisions, faire ce qu’ils souhaitent, apprendre de leurs propres erreurs, se lancer dans des aventures et s’épanouir de différentes manières. Le fait de s’opposer au Sentier signifiait pour moi que les gens pensaient que je n’étais pas à la hauteur des fonctions et responsabilités que j’assumais et qu’ils ne reconnaissaient pas les qualités et expériences que j’avais acquises au fil du temps. Cependant, je savais au fond de moi que j’avais toutes les capacités d’assumer mes fonctions et que les autres jeunes étaient tout aussi compétents que moi.

Cheminer sur le Sentier canadien signifie savoir, montrer de la reconnaissance et agir selon l’idée que les jeunes doivent être impliqués à chaque étape de leur cheminement. Les jeunes représentent l’avenir du monde. Aussi, à quoi bon les empêcher d’exploiter leur plein potentiel?

Les gens pourront admettre que j’ai accompli beaucoup de choses à Scouts Canada. Pour ma part, je ne cesserai de dire à quel point j’ai été extrêmement chanceux de travailler avec des personnes qui mettent en avant la participation et le leadership des jeunes. Sans les valeurs véhiculées par le Sentier canadien, les gens comme moi n’auraient jamais eu la possibilité de s’engager davantage dans le scoutisme et d’en faire l’expérience en profondeur.

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