Les scouts canadiens et ougandais unissent un village grâce à un projet d’eau potable.

Le devoir envers les autres est l’un des principes fondateurs du mouvement scout, et pour 6 jeunes des conseils de Tri Shores et de Central Escarpment, ce principe a été mis en pratique tout au long de l’année.

En collaboration avec l’association scoute ougandaise, des scouts canadiens ont organisé et mené une belle aventure en Uganda, où ils ont aidé à construire une source d’eau potable pour le village de Kaazi.

« Nos jeunes ont été frappés par la grande différence entre notre mode de vie canadien et le leur. Ça leur a rappelé à quel point nous sommes chanceux et à quel point nous tenons tout pour acquis », a révélé l’animateur canadien Myles Vanni. « Si nous avons soif, nous ouvrons le robinet et buvons un verre d’eau. La plupart des gens dans le monde doivent marcher et remplir une cruche pour la ramener à la maison, et après tout cet effort, l’eau est sale. »

Une source d’eau potable pour une communauté leur permet une meilleure hygiène, une bonne hydratation, de l’eau pour les tâches domestiques et bien plus.

« Ce projet a rendu l’eau facilement accessible pour tout le monde, incluant les enfants, qui avant pouvaient facilement se noyer en puisant l’eau du lac », affirme Cleopatra John, la représentante des relations et des projets internationaux de l’association scoute ougandaise.

Pendant la période de planification approfondie de 18 mois, l’animateur canadien Doreen Verberne nous explique qu’une étude géologique a démontré que le forage d’un puits, comme le voulait le plan initial, serait trop difficile en raison de la profondeur de l’eau en dessous de la surface de la Terre. Les scouts canadiens et ougandais devraient plutôt nettoyer un ruisseau existant.

Ugandan-Canadian Scouts Unite a Village through a Clean Water Initiative

« Dans la plupart des villages, les sources naturelles sont un mélange d’eau de source, de ruissellement pluvial, d’excréments d’animaux et de déchets, puisqu’une source est exposée », décrit Verberne. Le groupe avait du pain sur la planche. Les deux groupes ont uni leurs efforts et ont travaillé à décontaminer la source d’eau de Kaazi en creusant des tranchées, en installant des tuyaux en plastique et en construisant des murs en blocs pour protéger la source d’eau. Le résultat final était une source non exposée (ouverte), d’où sort en continu de l’eau propre d’un conduit de deux pouces sur une surface de ciment afin que les gens de la place puissent remplir leurs cruches », décrit Verberne.

« Cette source d’eau a motivé la communauté à travailler ensemble pour garder le puits exempt de toute contamination », affirme John. « Avant ce projet, personne ne se souciait des problèmes de santé liés à la consommation de cette eau sale. »

Selon Verberne, le mouvement scout en Uganda repose sur les compétences pratiques et la sensibilisation sur les questions de santé publique. « Les scouts ougandais pratiquent davantage les techniques de survie comme le pionniérisme et la construction d’abris. »

Le projet ougandais de Kaazi s’est déroulé en plusieurs étapes, avec d’autres groupes scouts qui se sont fait des contacts lors de séjours précédents en Ouganda au cours des années antérieures. Vanni a mené des projets similaires en Ouganda et dans d’autres pays comme le Bélize.

« Nous sommes peut-être allés en Ouganda construire quelque chose, mais tout le travail effectué en amont a permis à nos jeunes de développer des compétences en communications, en planification et en leadership », nous informe Vanni.

Comme avec la plupart des projets internationaux auxquels Vanni a participé, l’équipe des jeunes a été divisée en sous-groupes comme l’équipe de collecte de fonds, de la logistique et de la programmation, et chaque sous-groupe avait un conseiller adulte. Les groupes des secteurs avoisinants ont aussi offert leur soutien en aidant avec l’organisation des évènements de collectes de fonds, comme les soupers spaghetti et les collectes de déchets domestiques, qui figurent parmi les exemples donnés par Vanni.

« Les jeunes ont mis la main à la pâte pour la planification et l’organisation de ce voyage. Ce n’était pas les animateurs qui faisaient tous et les jeunes qui suivaient, » ajoute Vanni.

Lors de leur arrivée au campement national de l’association scoute ougandaise à Kaazi, Verberne a décrit la rencontre des scouts canadiens avec plus de 4,000 scouts et animateurs ougandais venus de nombreux districts du pays pour construire des campements pour un Jamboree national, comme un « plaisir impromptu ».

Ugandan-Canadian Scouts Unite a Village through a Clean Water Initiative

En plus de travailler sur le projet d’eau potable, les scouts ougandais et canadiens ont profité du temps passé ensemble en partageant de la musique (les scouts ougandais ont un groupe de musique scout impressionnant), et en participant à un safari de deux jours.

« Le fait de passer du temps avec les scouts et les animateurs ougandais était un aspect important de ce projet. L’échange et le partage entre les groupes scouts de diverses organisations scoutes étaient ce à quoi faisait référence Baden-Powell lorsqu’il parlait de rassembler les cultures et les gens ensemble. Lorsque vous avez cette compréhension, ça favorise la paix », affirme Vanni.

Pour les scouts ougandais, le fait de voir les animateurs canadiens soutenir les initiatives dirigées par les jeunes et le principe de Sans laisser de trace, a été une expérience d’apprentissage. En retour, les scouts canadiens ont pu observer l’importance de la résilience et de l’appréciation de la part de leurs pairs ougandais. « Pour ceux qui n’étaient jamais allés en Ouganda, le fait de vivre sans le confort auquel nous sommes habitués, a été une expérience qui a changé leur vie », a affirmé Verberne. « Les scouts ougandais ont travaillé sans relâche, et ça a été un honneur pour nous de travailler à leurs côtés. »

Pendant les étapes de planification du projet, les scouts ougandais ont joué un rôle important dans la préparation du site. Ils ont mené des études de marché pour établir un budget pour les matériaux, faire des ententes avec les fournisseurs de services, et s’assurer que les plans de construction et l’équipement seraient prêts lorsque les scouts canadiens arriveraient. « Vous ne pouvez pas faire un projet de cette envergure sans avoir des personnes-ressources sur le terrain où le projet aura lieu avant d’entamer la construction », a spécifié Vanni.

En plus de fournir de l’eau propre à Kaazi, le projet a aussi permis de développer une relation positive entre les scouts ougandais et leur communauté locale. Selon John, la communauté autour du campement scout avait empiété sur le terrain au cours des années, les gens locaux avaient parfois coupé des arbres pour le bois d’œuvre et pour la consommation personnelle. Certains avaient aussi procédé à l’excavation de sable dans le lac, et menacé l’environnement immédiat.

« Certains scouts ont essayé de protéger l’environnement local, mais certains villageois n’aimaient pas l’idée, » explique John concernant la tension qui augmentait.

Le fait de travailler à protéger la source d’eau a montré à la communauté de quelle façon le scoutisme peut avoir des effets positifs et d’envergure. « À la fin du projet, il y avait une bonne relation entre nous et la communauté », a décrit John. « Les villageois apprécient maintenant les valeurs du mouvement scout, ce qui a ouvert des portes pour que les parents permettent à leurs enfants de devenir scouts », conclut John.

Les projets internationaux sont tellement une belle expérience pour les jeunes et les animateurs. J’encourage les groupes à faire le saut et à entrer en communication avec des organisations scoutes dans d’autres pays.

L'animateur Myles Vanni

Lors de leur voyage, les scouts canadiens ont aussi travaillé ensemble à construire Canadorm au campement national de Kaazi, un centre de formation qui peut engendrer des revenus pour les É.-U., tout en fonctionnant comme programme récréatif pour les jeunes avec un mur d’escalade. Alors que le voyage tirait à sa fin, les É.-U. invitèrent les scouts canadiens à revenir en Ouganda pour leur Jamboree africain en 2020.

« Ce fut une occasion incroyable pour les jeunes d’étendre leur horizon et leur vision, en voyant le monde », a dit Vanni. « Les projets internationaux sont tellement une belle expérience pour les jeunes et les animateurs. J’encourage les groupes à faire le saut et à entrer en communication avec des organisations scoutes dans d’autres pays. Nous partagerions avec plaisir toutes les ressources que nous avons développées concernant la planification et l’organisation. »

Les scouts ougandais ont autant profité de ce projet que les scouts canadiens grâce aux changements apportés dans leur communauté et leur progression personnelle. La belle aventure ougandaise a changé à tout jamais leurs vies, et le scoutisme international a ouvert leurs horizons et amené le développement personnel au second niveau.

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