Cartographier le marais Baden-Powell dans le parc provincial Killarney

Compagnie d’aventuriers 123rd Ottawa : Gagnants 2017 du prix de l’aventure Amory

C’était environ à ce temps-ci de l’année en 2016 (après avoir obtenu la troisième place) que nous nous sommes demandé : qu’allons-nous faire l’an prochain? Nous savions que nous devions organiser un projet plus modeste, mais toute l’énergie et tout le temps que nous avions investi dans l’organisation d’un projet international d’aussi grande envergure nous avait rattrapés et nous avions besoin d’une pause. Nous avions quand même besoin d’un défi, mais personne ne savait que répondre à cette question, alors nous avons mis le projet de côté jusqu’à l’année suivante.

Dix mois avant notre expédition, nous nous sommes posé la question à nouveau, cette fois devant un feu de camp. Ce défi allait s’avérer plus compliqué à penser qu’à réaliser. Trois mois plus tard, nous avons déterminé que nous avions besoin d’un objectif. Lors de notre camp annuel dans un chalet, nous nous sommes assis pendant deux jours afin de choisir notre défi. Nous avons choisi d’effectuer une randonnée et de cartographier un canyon.

Nos animateurs nous disent toujours qu’aucun plan ne survit au premier contact avec l’ennemi, et celui-là ne faisait pas exception. Il s’est avéré que nous ne pouvons pas vraiment trouver un canyon non cartographié sur une carte. Nous avons réalisé qu’il n’était pas possible de poursuivre avec notre plan initial, puisque nous ne pouvions pas assurer notre sécurité en nous aventurant sur un territoire que nous ne connaissiez pas, à la recherche de quelque chose qui ne s’y trouvait peut-être pas. Nous avons donc adapté notre plan. Nous nous sommes rapidement entendus pour faire une expédition en canoë au parc provincial Killarney. Sur notre carte on aurait dit que quelqu’un l’avait seulement dessiné sommairement. Notre nouvel objectif était de la cartographier de façon adéquate. Ce second plan n’a pas tenu longtemps non plus, puisque tous les campements dans le secteur étaient réservés, bien que nous ayons appelés quelques minutes après le début des réservations. Alors nous nous sommes encore adaptés et avons réservé quelques campements près de ce qui ressemblait à un marais que nous pourrions cartographier.

Notre préparation a commencé peu après. Nous avons rapidement découvert les nouveaux défis auxquels nous ferions face. Le premier était évident, nous devions apprendre comment cartographier! Nous avons effectué plusieurs rencontres sur l’apprentissage de compétences en cartographie et avons rapidement réalisé que nous devrions acheter de nouveaux compas plus précis afin que nos cartes soient utiles. Le deuxième défi était que nous devrions marcher pour nous rendre à tous nos campements puisque nous n’avions aucun camp de base permanent où laisser nos choses. Nous nous sommes donc informés au sujet des chaudrons et réchauds ultras léger et sur comment traîner le moins de choses possible. Nous avons mis tous nos apprentissages en pratique lors de notre camp de survie annuel pendant lequel nous avons atteint un endroit prédéterminé à l’aide d’un compas seulement et avons cartographié notre chemin.

Nous nous sommes préparés un peu physiquement, mais probablement pas assez. Nous avons effectué une randonnée au début avril, suivi de notre camp de survie vers la fin du mois. Mais nos bottes n’étaient pas assez bien « cassées ». Nous pensions vraiment être prêts jusqu’au tout début de l’aventure. Nous sommes partis du stationnement de notre église le 5 juillet et avons effectué les 6 heures de route jusqu’à Killarney. Nous sommes finalement arrivés et avons commencé à transporter notre équipement à notre campement. Cette nuit-là nous avons appris plusieurs leçons importantes en groupe puisque nous avons eu de la difficulté à monter notre campement. Nous avons finalement réussi juste à temps pour la nuit.

La journée suivante, nous devions déménager notre équipement vers un autre campement puisque nous n’avions pas réussi à réserver le même pour la durée de notre séjour. Alors nous avons tout déménagé avant de partir et de commencer notre travail de cartographie.

Après avoir débroussaillé notre chemin pendant ce qui semble avoir duré une éternité, nous sommes arrivés, mais nous n‘avons pas trouvé de ravin, mais plutôt un marais. C’est là que nous avons réalisé que notre plan n’avait pas fonctionné comme prévu pour la troisième fois, alors nous avons décidé de nous adapter à la situation et de simplement cartographier le marais nouvellement découvert. Nous avons utilisé un système que nous avons développé par nécessité pour nous adapter à notre situation. Nous avions cinq personnes dont la tâche consistait à se tenir debout le long de la rive et à tenir des bâtons afin que les trois autres personnes puissent s’aligner à des points de références fixes que nous avions identifiées grâce à un GPS. Nous avons par la suite assemblé ces points de références et ces repères pour créer une carte.

Après avoir terminé la cartographie, nous sommes retournés à notre campement et nous nous sommes reposés. Lors de notre dernière journée de cartographie, nous lui avons donné un nom : le marais de Baden-Powell. Rendu dernier jour, nous étions vraiment tannés de la nourriture déshydratée et avons décidé de nous rendre dans la ville de Killarney pour le lunch et d’arrêter dans quelques magasins de souvenirs. Après que le membre aîné du groupe se soit foulé la cheville en descendant du trottoir, nous sommes retournés au campement pour la dernière nuit, et nous sommes repartis le lendemain.

Le plus drôle dans tout ça, c’est que je pensais que le plus grand défi de ce périple serait le côté physique, toutefois, c’était bien plus que ça. Juste avant notre expédition, notre équipe d’expédition a beaucoup changé. Notre chef de compagnie s’est blessé au genou et a dû subir une chirurgie et plusieurs membres aînés du groupe ont dû quitter pour se préparer à l’université.

Comme chef adjoint de compagnie, le rôle de chef m’est revenu et j’ai vite réalisé le plus grand défi de cette expédition. Je pensais être prêt pour ce rôle puisque j’avais donné un cours sur le leadership au Belize l’année d’avant. Dans ma tête, rien ne pouvait arriver. J’avais tort. Il semble qu’il soit plus facile d’enseigner le leadership que de diriger un groupe pour de vrai. Comme je l’ai mentionné auparavant, la première journée n’a pas très bien été. Je ne me sentais pas prêt pour continuer à diriger cette équipe d’expédition, alors j’ai décidé de mettre en place un plan. Mon plan de leadership n’a pas très bien fonctionné.

Chaque soir, avant de m’endormir je pensais à ce qui n’avait pas fonctionné et à comment je pouvais arranger les choses. Chaque matin, je me levais avec un nouveau plan qui échouait. Vers la fin du camp, les choses se sont un peu améliorées, mais lors de la dernière soirée du camp les choses se sont empirées lorsque le chaudron de macaroni au fromage s’est renversé quatre fois et c’est devenu le chaos. C’était de loin la nuit la plus difficile du camp. Je suis rentré de notre expédition déçu. Nous avions atteint notre objectif, mais je n’avais pas complété le mien. Je ne sentais pas que j’étais un aussi bon leader que ce que j’avais espéré. Mais c’est seulement maintenant, lorsque je repense à l’année passée que je réalise à quel point le leadership est un long processus. Cette année, je suis chef de compagnie et chaque lundi j’arrive à nos rencontres hebdomadaires avec mon nouveau plan. Chaque semaine, mon plan échoue, mais chaque semaine, de moins en moins. Le 15 mai, nous partons pour notre défi annuel : un échange culturel en République tchèque où je dirigerais une fois de plus l’équipe d’expédition avec un an d’expérience de plus. D’ici à la fin du voyage, mon plan aura survécu au contact avec l’ennemi. Mon parcours de leadership ne fait que commencer et se poursuivra pour le reste de ma vie.

Cette aventure à Killarney nous a tous appris quelque chose. Qu’il s’agisse de leadership, de repousser nos limites ou d’apprendre de petites leçons comme de se souvenir d’apporter un filet pour les moustiques en camping au mois de juillet. Nous avons tous appris de ce périple, et nous voulons tous continuer d’apprendre d’autres expéditions de ce genre dans le futur.

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