Pluie, limaces et oranges délaissées

Par la compagnie d’aventuriers du 1st Waterloo « Roamers », gagnants de la 2e place du prix de l’aventure Amory

Nous avons quitté Waterloo à 6 h40 pour entamer l’expédition la plus ambitieuse que nous ayons organisée jusqu’à présent. Nous avions 7 heures d’auto à faire avant d’atteindre l’endroit où nous devions arrêter dormir. La journée suivante, nous sommes finalement arrivés au point de départ. Par une belle journée chaude et sèche, nous avons fait nos adieux à nos parents et à nos animateurs, et nous avons entamé notre périple sur la rivière Spanish.

La première journée était magnifique. Le soleil brillait et tout le monde était de bonne humeur. La journée suivante a été un peu plus mouvementée. Pourtant tout avait bien commencé sans aucun nuage à l’horizon. En quatre heures environ, nous avons traversé le lake Expanse (étendu), qui porte bien son nom, et en milieu d’après-midi, il a commencé à pleuvoir. C’était une pluie légère, presque une bruine, plutôt insistante qui a réussi à complètement nous tremper.

Alors que la pluie nous donnait un répit, nous avons vécu une petite mésaventure. Nous avions juste fini d’observer les rapides Lower Athlone et nous allions tenter la descente. Le premier bateau a bien descendu, le deuxième aussi, mais nous avons aperçu le troisième dériver vers le milieu de la rivière à l’envers et sans occupants. Ce revirement de situation nous a coûté un beau campement, mais heureusement, il y en avait un autre pas trop loin et il était presque aussi beau.

Le lendemain matin, nous nous sommes tous levés sans savoir toutes les surprises qui nous attendaient. Avant même de sortir de nos tentes, nous les avons remarquées. Il n’y en avait que quelques-unes au début qui apparaissaient ici et là et nous faisaient bien rire. Je parle des limaces, il y en avait partout. Mais bientôt, nous avons arrêté de rire puisque toutes nos choses en étaient couvertes. Nous en trouvions de plus en plus alors que nous essayions tant bien que mal de préparer notre déjeuner sous une forte pluie. Nous aurions été heureux d’avoir la même brume que la veille, mais nous devions plutôt composer avec une pluie torrentielle. À un moment lors de notre descente, nous nous sommes retrouvé quelques mètres devant le mur de pluie. Les nuages qui nous suivaient de proche nous incitaient à pagayer encore plus fort afin de tenter de devancer le mauvais temps.

Nous avons finalement trouvé notre campement pour la nuit, peu après que la pluie ait cessé. C’était sur un sommet rocheux exposé qui surplombait le lac. À l’exception d’une blessure mineure à un poignet après avoir glissé sur une roche mouillée, nous avons eu une belle soirée à nager dans le lac, et nous avons même aperçu une loutre dans l’eau.

La cinquième journée, qui était censée être la plus difficile, n’a pas cessé de se compliquer. Il y avait beaucoup de rapides et nous savions que nous allions en portager quelques-uns. Il s’agissait des rapides appelés Upper et Lower Graveyard. Le son de ces rapides était assourdissant en raison des nombreuses roches, ce pour quoi ils étaient dangereux. Les sentiers de portage n’étaient pas bien mieux puisqu’ils étaient couverts de boue, de roches et de racines. Après avoir versé pas mal de sueur et un peu de sang, nous avons finalement atteint la plage rocailleuse de l’autre côté. Nous nous sommes assis pour dîner en admirant le magnifique paysage et en prenant des photos.

Nous avons ensuite atteint le dernier rapide de notre expédition. Il semblait plutôt difficile, mais nous avons décidé de le descendre quand même. Alors que le deuxième canoë s’élançait, ses occupants entendirent une dispute entre les deux canoteurs du troisième bateau. Finalement, un des canoteurs a descendu le rapide en solo et l’autre a couru le long du sentier de portage pour nous rejoindre. Lorsque ces canoteurs nous rejoignirent, nous étions préoccupés et déçus par cette dispute. Nous avons tout de même terminé la journée de façon paisible dans un beau campement en haut d’un petit rapide.

La sixième journée ne comportait que de petits rapides et de l’eau calme. C’était plutôt relaxe et puisque nous avions beaucoup d’énergie encore en fin de journée, nous avons décidé de tenter de traverser le lac Agnew, mais nous n’avons pas réussi à aller bien loin avec les forts vents, et nous avons éventuellement abandonné et sommes retournés nous installer dans un beau campement au bord du lac. Nous avons eu un petit incident d’un membre de l’équipe qui a glissé tout habillé dans le lac en essayant de laver un chaudron, ce qui nous a tous incités à nous baigner dans le lac ce soir-là.

Nous nous sommes levés tôt le matin suivant afin de traverser le lac Agnew et d’éviter de forts vents. C’était une balade en canoë agréable puisque nous avons pris notre temps pour cette dernière partie de notre expédition. Lorsque nous avons atteint l’auberge au bout du lac, nous avons tous pris une douche bien méritée et avons flâné dans les alentours en attendant nos lifts. À l’heure du lunch, nous avons trouvé un sac d’oranges oubliées dans le fond d’un de nos barils, comme ça arrive lors de chacun de nos périples. Nous avons passé la nuit près du lac Agnew après avoir fait une compétition de lutteurs sumos sur le trampoline dans l’eau de l’auberge.

Le huitième matin, nous nous sommes levés bien reposés pour entamer la longue route jusqu’à la maison. Ça avait été une longue expédition pendant laquelle nous avions parcouru un total de 156 kilomètres. Nous nous entendons pour dire que c’était une des meilleures sinon la meilleure expérience que nous avons vécue ensemble. Elle nous a certainement marqués, surtout parce que nous avons retrouvé des limaces sur notre équipement pendant des semaines après. La rumeur veut que nous ayons encore des limaces sur nos tentes à ce jour.

Réponses

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée.